Et vous qu’avez-vous proposé dans vos Café-Lecture ?
les CAFES LECTURES
Quelques-unes de vos propositions ci-dessous :
TELLMARCH
Le vieillard laissa disparaître Halmalo, puis serra son manteau de mer autour de lui, et se mit en marche. Il cheminait à pas lents, pensif. Il se dirigeait vers Huisnes, pendant que Halmalo s’en allait vers Beauvoir.
Derrière lui se dressait, énorme triangle noir, avec sa tiare de cathédrale et sa cuirasse de forteresse, avec ses deux grosses tours du levant, l’une ronde, l’autre carrée, qui aident la montagne à porter le poids de l’église et du village, le mont Saint-Michel, qui est à l’océan ce que Chéops est au désert.
Les sables mouvants de la baie du mont Saint-Michel déplacent insensiblement leurs dunes. Il y avait à cette époque entre Huisnes et Ardevon une dune très haute, effacée aujourd’hui. Cette dune, qu’un coup d’équinoxe a nivelée, avait cette rareté d’être ancienne et de porter à son sommet une pierre milliaire érigée au XIIe siècle en commémoration du concile tenu à Avranches contre les assassins de saint Thomas de Cantorbéry. Du haut de cette dune on découvrait tout le pays, et l’on pouvait s’orienter.
Le vieillard marcha vers cette dune et y monta.
Quand il fut sur le sommet, il s’adossa à la pierre militaire, s’assit sur une des quatre bornes qui en marquaient les angles, et se mit à examiner l’espèce de carte de géographie qu’il avait sous les pieds. Il semblait chercher une route dans un pays d’ailleurs connu. Dans ce vaste paysage, trouble à cause du crépuscule, il n’y avait de précis que l’horizon, noir sur le ciel blanc.
On y apercevait les groupes de toits de onze bourgs et villages; on distinguait à plusieurs lieues de distance tous les clochers de la côte, qui sont très hauts, afin de servir au besoin de points de repère aux gens qui sont en mer.
Au bout de quelques instants, le vieillard sembla avoir trouvé dans ce clair-obscur ce qu’il cherchait; son regard s’arrêta sur un enclos d’arbres, de murs et de toitures, à peu près visible au milieu de la plaine et des bois, et qui était une métairie; il eut ce hochement de tête satisfait d’un homme qui se dit mentalement: C’est là; et il se mit à tracer avec son doigt dans l’espace l’ébauche d’un itinéraire à travers les haies et les cultures. De temps en temps il examinait un objet informe et peu distinct, qui s’agitait au-dessus du toit principal de la métairie, et il semblait se demander: Qu’est-ce que c’est? Cela était incolore et confus à cause de l’heure; ce n’était pas une girouette puisque cela flottait, et il n’y avait aucune raison pour que ce fût un drapeau.
Il était las; il restait volontiers assis sur cette borne où il était; et il se laissait aller à cete sorte de vague oubli que donne aux hommes fatigués la première minute de repos.
Il y a une heure du jour qu’on pourrait appeler l’absence de bruit, c’est l’heure sereine, l’heure du soir. On était dans cette heure-là. Il en jouissait; il regardait, il écoutait, quoi? la tranquillité. Les farouches eux-mêmes ont leur instant de mélancolie. Subitement, cette tranquillité fut, non troublée, mais accentuée par des voix qui passaient; c’étaient des voix de femmes et d’enfants. Il y a parfois dans l’ombre de ces carillons de joie inattendus. On ne voyait point, à cause des broussailles, le groupe d’où sortaient les voix, mais ce groupe cheminait au pied de la dune et s’en allait vers la plaine et la forêt. Ces voix montaient claires et fraîches jusqu’au vieillard pensif; elles étaient si près qu’il n’en perdait rien.
Une voix de femme disait:
-
Dépêchons-nous, la Flécharde. Est-ce par ici?
-
Non, c’est par là.
Et le dialogue continuait entre les deux voix, l’une haute, l’autre timide.
Comment appelez-vous cette métairie que nous habitons en ce moment ?
-
L’Herbe-en-Pail.
-
En sommes-nous encore loin?
-
A un bon quart d’heure.
-
Dépêchons-nous d’aller manger la soupe.
-
C’est vrai que nous sommes en retard.
-
Il faudrait courir. Mais vos mômes sont fatigués. Nous ne sommes que deux femmes, nous ne pouvons pas porter trois mioches. Et puis, vous en portez déjà un, vous, la Flécharde. Un vrai plomb. Vous l’avez sevrée, cette goinfre, mais vous la portez toujours. Mauvaise habitude. Faites-moi donc marcher ça. Ah! tant pis, la soupe sera froide.
-
Ah! les bons souliers que vous m’avez donnés là! On dirait qu’ils sont faits pour moi.
-
Ça vaut mieux que d’aller nu-pattes.
-
Dépêche-toi donc, René-Jean.
-
C’est pourtant lui qui nous a retardées. Il faut qu’il parle à toutes les petites paysannes qu’on rencontre. Ça fait son homme.
-
Dame, il va sur cinq ans.
-
Dis donc, René-Jean, pourquoi as-tu parlé à cette petite dans le village ?
Une voix d’enfant, qui était une voix de garçon, répondit:
-
Parce que c’est une que je connais.
La femme reprit:
-
Comment, tu la connais ?
-
Oui, répondit le petit garçon, puisqu’elle m’a donné des bêtes ce matin.
-
Voilà qui est fort! s’écria la femme, nous ne sommes dans le pays que depuis trois jours, c’est gros comme le poing, et ça vous a déjà une amoureuse !
Les voix s’éloignèrent. Tout bruit cessa.
AURES HABET, ET NON AUDIET
Le vieillard restait immobile. Il ne pensait pas; à peine songeait-il. Autour de lui tout était sérénité, assoupissement, confiance, solitude. Il faisait grand jour encore sur la dune, mais presque nuit dans la plaine et tout à fait nuit dans les bois. La lune montait à l’orient. Quelques étoiles piquaient le bleu pâle du zénith. Cet homme, bien que plein de préoccupations violentes, s’abîmait dans l’inexprimable mansuétude de l’infini. Il sentait monter en lui cette aube obscure, l’espérance, si le mot espérance peut s’appliquer aux attentes de la guerre civile. Pour l’instant, il lui semblait qu’en sortant de cette mer qui venait d’être si inexorable, et en touchant la terre, tout danger s’était évanoui. Personne ne savait son nom, il était seul, perdu pour l’ennemi, sans trace derrière lui, car la surface de la mer ne garde rien, caché, ignoré, pas même soupçonné. Il sentait on ne sait quel apaisement suprême. Un peu plus il se serait endormi.
Ce qui, pour cet homme, en proie au-dedans comme au-dehors à tant de tumultes, donnait un charme étrange à cette heure calme qu’il traversait, c’était, sur la terre comme au ciel, un profond silence.
On n’entendait que le vent qui venait de la mer, mais le vent est une basse continue et cesse presque d’être un bruit, tant il devient une habitude.
Tout à coup, il se dressa debout.
Son attention venait d’être brusquement réveillée; il considéra l’horizon. Quelque chose donnait à son regard une fixité particulière.
Ce qu’il regardait, c’était le clocher de Cormeray qu’il avait devant lui au fond de la plaine. On ne sait quoi d’extraordinaire se passait en effet dans ce clocher.
La silhouette de ce clocher se découpait nettement; on voyait la tour surmontée de la pyramide, et, entre la tour et la pyramide, la cage de la cloche, carrée, à jour, sans abat-vent, et ouverte aux regards des quatre côtés, ce qui est la mode des clochers bretons.
Or cette cage apparaissait alternativement ouverte et fermée, à intervalles égaux; sa haute fenêtre se dessinait toute blanche, puis toute noire; on voyait le ciel à travers, puis on ne le voyait plus; il y avait clarté, puis occultation, et l’ouverture et la fermeture se succédaient d’une seconde à l’autre avec la régularité du marteau sur l’enclume.
Le vieillard avait ce clocher de Cormeray devant lui, à une distance d’environ deux lieues; il regarda à sa droite le clocher de Baguer-Pican, également droit sur l’horizon ; la cage de ce clocher s’ouvrait et se fermait comme celle de Cormeray.
Il regarda à sa gauche le clocher de Tanis; la cage du clocher de Tanis s’ouvrait et se fermait comme celle de Baguer-Pican.
Il regarda tous les clochers de l’horizon l'un après l’autre, à sa gauche les clochers de Courtils, de Précey, de Crollon et de la Croix-Avranchin ; à sa droite les clochers de Raz-sur-Couesnon, de Mordrey et des Pas; en face de lui, le clocher de Pontorson. La cage de tous ces clochers était alternativement noire et blanche.
Qu’est-ce que cela voulait dire ?
Cela signifiait que toutes les cloches étaient en branle.
Il fallait, pour apparaître et disparaître ainsi, qu’elles fussent furieusement secouées.
Qu’était-ce donc? évidemment le tocsin.
On sonnait le tocsin, on le sonnait frénétiquement, on le sonnait partout, dans tous les clochers, dans toutes les paroisses, dans tous les villages, et l’on n’entendait rien.
Cela tenait à la distance qui empêchait les sons d’arriver et au vent de mer qui soufflait du côté opposé et qui emportait tous les bruits de la terre hors de l’horizon.
Toutes ces cloches forcenées appelant de toutes parts, et en même temps ce silence, rien de plus sinistre.
Le vieillard regardait et écoutait.
Il n’entendait pas le tocsin, et il le voyait. Voir le tocsin, sensation étrange.
A qui en voulaient ces cloches ?
Contre qui ce tocsin ?
UTILITÉ DES GROS CARACTÈRES
Certainement quelqu’un était traqué.
Qui ?
Cet homme d’acier eut un frémissement.
Ce ne pouvait être lui. On n’avait pu deviner son arrivée, il était impossible que les représentants en mission fussent déjà informés; il venait à peine de débarquer. La corvette avait évidemment sombré sans qu’un homme échappât. Et dans la corvette même, excepté Boisberthelot et La Vieuville, personne ne savait son nom.
Les clochers continuaient leur jeu farouche. Il les examinait et les comptait machinalement, et sa rêverie, poussée d’une conjecture à l’autre, avait cette fluctuation que donne le passage d’une sécurité profonde à une certitude terrible. Pourtant, après tout, ce tocsin pouvait s’expliquer de bien des façons, et il finissait par se rassurer en se répétant: «En somme, personne ne sait mon arrivée et personne ne sait mon nom. »
Depuis quelques instants il se faisait un léger bruit au-dessus de lui et derrière lui. Ce bruit ressemblait au froissement d’une feuille d’arbre agitée. Il n’y prit d’abord pas garde; puis, comme le bruit persistait, on pourrait dire insistait, il finit par se retourner. C’était une feuille en effet, mais une feuille de papier. Le vent .était en train de décoller au-dessus de sa tête une large affiche appliquée sur la pierre milliaire. Cette affiche était placardée depuis peu de temps, car elle était encore humide et offrait prise au vent qui s’était mis à jouer avec elle et qui la détachait.
Le vieillard avait gravi la dune du côté opposé et n’avait pas vu cette affiche en arrivant.
Il monta sur la borne où il était assis, et posa sa main sur le coin du placard que le vent soulevait; le ciel était serein, les crépuscules sont longs en juin; le bas de la dune était ténébreux, mais le haut était éclairé; une partie de l’affiche était imprimée en grosses lettres, et il faisait encore assez de jour pour-qu’on pût les lire. Il lut ceci :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, UNE ET INDIVISIBLE.
« Nous, Prieur de la Marne, représentant du peuple en mission près de l’armée des Côtes-de-Cherbourg, — ordonnons: — Le ci-devant marquis de Lantenac, vicomte de Fontenay, soi-disant prince breton, furtivement débarqué sur la côte de Granville, est mis hors la loi. — Sa tête est mise à prix. — Il sera payé à qui le livrera, mort ou vivant, la somme de soixante mille livres. — Cette somme ne sera point payée en assignats, mais en or. Un bataillon de l’armée des Côtes-de-Cherbourg sera immédiatement envoyé à la rencontre et à la recherche du ci-devant marquis de Lantenac. — Les communes sont requises de prêter main-forte. — Fait en la maison commune de Granville, le 2 juin 1793. Victor HUGO.
Vos avis ci-dessous (resteront anonymes).
Commentaires :
- nous l'avons organisé une fois par mois chez nous, même les enfants sont attirés, avec d'autres textes.
GARD. Pierre et Marie P.
- une bonne occasion de ranger le portable, excellente idée.
Pays Bas. J. Huet.
- repos de l'esprit, parfois tous les quinze jours.
Angoulême. Sophie et Alain M.
- une initiative à renouveler.
Charente. Masson A.
- nous nous retrouvons régulièrement avec plaisir et de la matière pour l'esprit…
Paris. Aurélie Lejeune.
- bravo à tous ces sites comme celui-ci qui lancent l'alerte sur la pollution numérique.
David J.M. Charenton
- je suis effrayé par tous ces gens qui marchent l'air hagard les yeux rivés sur leur "smartphone", il a quelque chose d'intelligent ? Vous devriez nommer cette page de votre site Répart par la lecture peut-être ? Cela devient un grand problème de santé publique.
Catherine. L. à Versailles.
- allez les parents, faites un effort, montrez l'exemple.
Guy. Bleau Drôme.
- quand on regarde parfois les chaînes de télévision, même les journalistes n'écoutent plus le présentateur, ils attendent les messages de"X". Effrayant.
Adrien. N. Pas de Calais.
- Walking Dead vous connaissez ? Ils traversent n'importe où les yeux sur l'écran. Vous croyez qu'ils pourront s'en sortir ? Sabrina. M. à LYON.
- les parents ? Mais lesquels en sont encore capables, quand je les vois même dans les musées. J. HOCHET à Paris.
- de belles rencontres à développer avec les amis et les amis de nos amis en chair et en os… Marc à Langogne
- je me souviens de ces sectes qui florissaient dans les années 1970-1980. Elles n’ont pas pu toutefois bousculer la société comme le font les réseaux sociaux aujourd’hui. Le pire est que certains enfants de cette époque, que j’ai eu en classe, ont grandi dans cette ambiance « numérique » et ont perdu toute forme de jugement. Incapables de prendre du recul ils jettent l’anathème sur n’importe qui. Si les parents en organisant ces lieux de lecture pouvaient apporter du bon sens et recréer une société vivable, je souscris. Il faut lire Camus pour apprendre à respecter l’autre. Mais combien savent lire véritablement aujourd’hui ? André. M. (ancien professeur des écoles). Toulouse.
- ceux qui ferment les yeux sur cette violence quotidienne, vont être les premiers surpris.
Jean Paul F à Bagneux
- Il suffit de faire une fois l’effort et on ouvre des perspectives plus saines. Au moins les gens se parlent.
Gaëlle H
- L’Académie Française a souligné les dangers que présente l’abandon total des méthodes d’enseignement telles que la réflexion, la logique et la mémoire, c’est le « portable » qui sert de béquille et corrige l’utilisateur. Celui-ci ne se rend même plus compte qu’il perd peu à peu ses capacités relationnelles. Les nouvelles générations deviennent muettes devant le monde. Jacques F. LYON
- Ce sont des moments humains dont nous avons besoin aujourd’hui. Maxime P. à Jonzac
- Il faut réapprendre à lire, à écrire et à compter. La famille explose, quant à l’école…le nombre de ministres incompétents est effarant. La pédagogie s’est effondrée sous les coups de l’artificielle intelligence. Lisez « Main basse sur l’éducation Nationale »vous comprendrez pourquoi nous en sommes là. En tous les cas continuez. Frédéric A. Paris.
- Je profite du message de Frédéric. A, pour vous appeler à jeter un œil sur le programme « Evars ». Un « cours » fait par des intervenants dans les écoles depuis 2017. Un cours hors sol, intrusif, qui déstabilise le psychisme des enfants en ne tenant aucun compte des principes pédagogiques. On s’étonne de la dérive sociétale ? Allez voir le site « SOS EDUCATION ». Pierre Marie G. à Bayonne.
- Le monde se divise aujourd’hui en deux catégories, d’un côté les esclaves du virtuel qui disparaitront sans comprendre les enjeux géopolitiques ou philosophiques, de l’autre les lecteurs de La Boétie, Orwell ou Bernanos. Nous sommes tous sur le même bateau sans possibilité de fuir ses responsabilités. Maryse R. à Bordeaux.
- lorsque l’éducation baisse les bras dans la lutte contre la désinformation des réseaux sociaux il y a de quoi s’inquiéter pour le futur de la civilisation démocratique. Elle a oubliée l’une de ses missions, cultiver la pensée critique principalement à travers le livre. Les adultes sont les premiers responsables, « après moi le déluge ». C’est apocalyptique. Ils ont oublié leurs enfants. Tant pis ? Alma B à Orléans.
- Ces « générations numérisées » n’ont plus le pouvoir de s’intéresser à d’autres domaines comme l’art, la culture encore moins la philosophie alors la lecture, vous plaisantez. Le « scroll » est leur principal centre d’intérêt. Christophe M. Palaiseau
- Essayez de présenter à un enfant un portable et un livre, devinez vers où se tourne son regard, et surtout pour certains parents leur progéniture n’est plus le souci principal, alors un portable c’est bien pratique, va jouer je vais faire du vélo… Bon courage. Lionel A à Versailles
- l’une des sources pour ne pas dire la source de l’ensauvagement de notre société provient du smartphone. Les parents se débarrassent de l’éducation de leurs enfants avec cet engin. Il devrait être interdit aux moins de quinze ans et stoppé à la porte des écoles. Parents allez à la médiathèque vous trouverez d’autres motivations pour vous et vos enfants, c’est urgent. Florence L à Epinay
- nombre d’adolescents n’écoutent plus que leur paresse, se bourrent le cerveau de numérique à travers leurs écrans sans rien apprendre. C’est peut-être parce que leurs vies semblent vides qu’ils parlent, seuls, avec ce qu’ils appellent les réseaux sociaux. Mais ils restent seuls.
Marc P. Montpellier
- depuis plus de quarante ans, de par mon métier, je soutiens un certain nombre de jeunes et moins jeunes dans leurs parcours. Je constate une nette différence dans leurs réflexions entre ceux qui lisent et ceux qui passent leur temps à être influencés par ces réseaux sociaux. Certains d’entre eux ne savent plus s’exprimer correctement et ont perdu toute forme de respect. Je dois dire que je suis pessimiste quant à leur avenir, quelles sociétés préparent-ils, des dictatures ? Pascal D à Paris.
- cette génération Z n’a connu qu’un monde entièrement numérique et aujourd’hui complétement polarisé. Ce sont les réseaux asociaux qui façonnent leur esprit critique et c’est l’époque de la consommation de l’information. Le grand danger du portable c’est cette information biaisée qui favorise nos tendances. La gen Z n’a plus la capacité de questionner et de se questionner sur une idée, une prise de position philosophique ou politique. Le discours de l’autre est devenu inaudible. Cette proposition de « Café Lecture », me paraît une bonne piste pour inverser cette forme de repli sur soi. Bravo. Viviane. Legros. Brest.
- merci pour cette proposition. Un bon moyen pour se détacher du sectarisme. Didier R dans la Somme.
- avec le sabotage de l’enseignement on a favorisé l’émergence de manipulateurs de tout poil qui prospèrent sur le terrain de l’inculture. Les hommes sont égaux, oui, dans l’esclavage des réseaux sociaux. Tous ces gens grégaires, qui « like » continuellement ne demandent-ils pas à être gouvernés par des tyrans ? Mais si puissent qu’ils ignorent l’histoire. Jean Paul N à Nantes.
- « On m'a vu ce que vous êtes,
Vous serez ce que je suis. »
Je reste fascinée par ces vers de Corneille d’une véracité inéluctable.
Hélène D. Bretagne.
- Comment des personnes responsables peuvent-elles encore croire aux sornettes diffusées dans les réseaux sociaux ? Précisément parce qu’elles ne font pas l’effort de lire et d’analyser. Jean M. Rennes
- Les brèves discussions en réseaux sont pour moi des « « énigmes ». Comment peut-on en quelques mots comprendre, étayer, la pensée ? J’assiste encore à des conférences, un vrai soulagement. En revanche c’est une inquiétude sociale grandissante qui me laisse perplexe quant à l’avenir. "Nous étions côte à côte, nous nous retrouvons face à face". Maryse K à Nice.
- Je ne connaissais pas cette addiction, la Nomophobie ou Mobidépendance, merci pour ces précisions. Sonia H à Orléans
- D’une fois sur l’autre, nos voisins nous proposent des poèmes de Rimbaud ou de la géopolitique, nous sommes tombés d’accord, la parole est ouverte, le débat est essentiel. Maryse et Pierre V. Roubaix
- La langue est une matière exceptionnellement riche pour appréhender l’être humain. Même si les sigles ont l’âge de l'écriture, c’est seulement depuis cinquante ans qu’ils sont utilisés à foison. Surtout dans les « textos » qui font partie de cette « novlangue » tapotée sur les portables. Tout est urgent, ceux qui ne suivent pas seront laissés pour compte, en réalité ceux-là seront protégés. Daniel M. à Bordeaux.
- Les conférences ne nous suffisaient pas. Trop peu d'implications, beaucoup de paroles. Avec ces réunions nous avons découverts chacun à sa juste valeur, il suffit de proposer aux voisins et amis. Au fait, merci à G.O pour ce fil d'information calme et apaisé. Martine et paul B à LAON
- Combien de temps nous reste-il pour ces échanges ? Jérémie à Rochefort
- Réponse : pour Jérémie, combien de temps ? Rester dans sa bulle, ne rien dire, ne rien entendre, ne pas agir, ceux là vont être emporté les premiers. La réponse est dans la question. Gilles T à DUNKERQUE.
- le monde technologique crée sa propre sélection Darwinienne. Le développement de ces nouvelles pathologies, différentes formes d'autisme, explosion de maladies auto-immunes, enfermement, éloignement de l'autre, fossé intergénérationnel. C'est à ce stade que nous en sommes avec cet objet dit "intelligent". Et pourtant "soyez résolu à ne plus servir et vous serez libre". Tout l'obstacle est dans la résolution. Agnès C. à Massy.
- tout notre groupe de lecture vous souhaite une bonne année 2026. Merci à l'équipe GO. Maryse T à Tours.
- bonne année G.O. Lisons aussi Boris VIAN un véritable homme lucide sur notre condition. C'est frais. Gilles F dans le CANTAL.
- Quand les hommes sont toujours animés par les mêmes passions, les mêmes résultats apparaissent. Bonne année G.O. Stéphane PLormont Gironde.
- Souhaitons à tous une bonne année 2026. Devant l’indifférence presque généralisée de certains, oui le chacun pour soi fait rage, on se demande comment la démocratie peut encore tenir debout. Heureusement des sites comme le vôtre apportent l’espoir. Continuons les cafés lectures. Merci G.O Sonia B à Tournefeuille.
- Dans notre groupe nous avons réussi à créer une ambiance ancrée sur l'écoute et l'empathie grâce au respect de la parole de l'autre. On cultive ces échanges en démarrant la réunion sur un texte proposé la semaine précédente. Excellentes idées. Bonne année GO. Claire et Cédric à Melun
- l’indifférence est en train tuer les démocraties. En discutant avec un professeur de psychologie on a conclu que nous vivons sur nos lauriers « sociaux » depuis 70 ans et que la démocratie s’effondre progressivement, doucement. Il fallait plus d’engagement citoyen. participer activement à la vie publique, en s’engageant dans des associations.
Voilà une belle expérience positive que sont ces lectures en groupes. Continuons avec espérance. Yves et Isabelle PRAT . En Charente Maritime.
- nous avons parlé de Stanley Kubrick, en lisant le livre La France Orange Mécanique. C’est une répétition de l’histoire. Encore un manque de dialogue, un manque de compréhension du vivre ensemble. C’est encore possible aujourd’hui ? Continuons nos Café-lecture pour ouvrir les yeux. C’est effrayant cette amplification de la violence partout, cette mésentente permanente, ce manque de respect de la vie humaine et animale d’ailleurs. Où va notre jeunesse ? Effrayant.
Marie-Pierre T à Lyon.
- c’est l’avènement de la société de consommation qui a contribué à diffuser l’idée que l’enfant a droit à tout et est devenu l'enfant-roi. Intervenir le moins possible dans la vie d'un enfant, fut le credo de toute une génération de parents. Nous en sommes revenus, car plus on laisse faire l'enfant, plus il en demande. Ce laisser-faire aboutit à notre société d’aujourd’hui. Lisez Dolto éducatrice et ses délires interprétatifs de la psychanalyse. Elle disait « Ce qu'il faudrait, c'est que la loi ne s'occupe plus de l'âge. Ne s'occupe seulement que de l'inceste, des relations entre parents proches, frères, sœurs, parents, oncles, tantes, mais qu'il n'y ait absolument rien entre adultes et enfants comme interdiction » CQFD.
Et je parle en connaissance de cause. Richard L. à Bordeaux.
- on revient toujours à l’inévitable conflit de générations. Dans nos dialogues à l’issue de la lecture, on constate que nous n’avons pas les mêmes références, les mêmes terrains politiques. On aboutit maintenant à la conclusion intergénérationnelle que les gouvernants de droite comme de gauche ne répondent plus aux préoccupations du citoyen. On constate que le terrain de la haine se développe sans trop comprendre vraiment pourquoi. On parle sous la forme de slogans, de sophismes. On adopte une posture rhétorique irréfléchie parce que c’est un « message reçu qui me l’a dit ». On esquive les questions qui ne sont pas bien pensantes. L’espace commun est-il perdu ? Continuons nos réunions, il reste encore ça. Nicolas Chevalier. Poitiers
- vous connaissez le dicton : « il n’y a que les imbéciles ou les lâches qui ne changent pas d’avis ». Les partis de gouvernement, à droite comme à gauche méprisent le citoyen. L’essentiel est qu’ils obtiennent un « poste ». L’ anxiété quotidienne est en augmentation. Nous nous promenons en regardant plus souvent derrière nous. La liberté au prix de l’insécurité ou l’inverse la sécurité au prix de la coercition ? Tout dépend à quelle situation on a été confronté. Dans nos discussions la majorité pense que sans une remise en ordre républicaine on court à la catastrophe. Il y a un véritable ensauvagement de la société.
Pascal R à Grenoble
- A part les décérébrés tout le monde s’est aperçu que l’institution scolaire est en faillite. Or elle est là pour civiliser l’enfant. Lecture, écriture, ce sont les premières bases. Cependant il est nécessaire d’éduquer au civisme. L’instruction civique tous les jours au primaire, au minimum, c’est vital pour apprendre les valeurs de la République Française. Apprendre le vivre ensemble avant toute chose. Bravo pour ces cafe-lectures. Bernard ROUX , Lyon.